
Les professionnels du spectacle vivant veulent voir évoluer le cadre réglementaire de leur secteur. Réunis le vendredi 04 septembre à La Fabrique Culturelle, aux II Plateaux, les représentants des faîtières, associations, artistes et entrepreneurs des arts vivants ont présenté un plaidoyer appelant à une révision concertée de l’arrêté n°0750/MCF/CAB du 14 octobre 2025, relatif au régime des entrepreneurs de spectacles vivants en Côte d’Ivoire.
Les acteurs assurent ne pas remettre en cause la nécessité de réglementer la profession. Ils souhaitent cependant un dispositif mieux adapté aux réalités des différentes disciplines, aux capacités financières des opérateurs et aux disparités entre Abidjan et les autres régions. Pour Mme Chantal Djédjé, directrice générale de La Fabrique Culturelle, les propositions contenues dans le plaidoyer sont le fruit de concertations entre les différentes organisations professionnelles.
Parmi leurs principales demandes figurent la gratuité des licences A, B et C, la création d’une licence D pour les petits spectacles, la suppression des cautions fixes au profit de garanties proportionnées aux risques, ainsi qu’un régime différencié selon la jauge, la fréquence des manifestations et leur caractère lucratif ou non. Le Collectif réclame également une période transitoire d’au moins 24 mois, la simplification des procédures pour les petits lieux et une concertation inclusive avec les professionnels.

Adama Adepojo, dit Taxi conteur, président de la Fédération nationale des théâtres de Côte d’Ivoire, a notamment relevé des interrogations concernant les frais liés aux licences, les conditions d’expérience, l’affiliation à une faîtière, l’homologation des lieux, la billetterie et certaines sanctions. Le Collectif estime que ces contraintes pourraient fragiliser les acteurs les moins structurés et demande une meilleure prise en compte de la diversité du secteur.
La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a rappelé que l’arrêté vise à mettre en application les textes existants et à reconnaître l’organisation de spectacles comme un véritable métier. Elle a insisté sur la responsabilité des organisateurs, notamment lors des grands rassemblements, en matière de sécurité, d’assurance, de respect des horaires et de protection du public.
La ministre a également défendu le principe de la licence professionnelle, estimant qu’elle constitue une reconnaissance du métier et une garantie de professionnalisme. Elle a souligné que plusieurs dispositions ont été élaborées à partir d’échanges avec les professionnels et s’est dite ouverte aux contributions susceptibles d’améliorer la mise en œuvre de la réforme.

Au terme de la rencontre, les deux parties semblent partager un même objectif : mieux structurer le spectacle vivant et renforcer la sécurité du public. Les discussions à venir devront permettre de trouver un équilibre entre les exigences de professionnalisation et les réalités économiques et artistiques des acteurs du secteur.
S.B