
Dans un long plaidoyer publié sur sa page Facebook, le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI) met chaque acteur de l’école ivoirienne devant ses responsabilités et interpelle l’Etat sur le coût des manuels scolaires.
À quelques semaines de la rentrée des classes 2026-2027, Chérif Hamed Haïdara sort de sa réserve. Dans une publication devenue virale, le patron du RDI ne s’adresse pas seulement aux élèves. Il s’adresse à toute la chaîne éducative.
Aux élèves qui ont échoué, le message est direct : » Il y a plus de honte à ne pas essayer qu’à échouer. Mais les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et seuls les idiots pensent qu’on peut réussir en gardant toujours le comportement qui a favorisé l’échec. »
Il tacle au passage ceux qui ont « lutté pour les congés anticipés » ou privilégié les activités ludiques.
Pour ceux qui ont réussi, il les félicite : » La récompense après un travail bien fait est méritée. Seul le travail paie. »
Le président du RDI est encore plus sévère avec les parents d’élèves. Pour lui, une partie des parents a démissionné de son rôle d’éducateur. « On ne peut pas abandonner nos enfants aux mains des seuls enseignants et s’attendre à des miracles », écrit-il. Il invite les parents à suivre le comportement des enfants « en dehors de la maison », rappelant que » celui qui passe pour le bout-de-choux à la maison peut se muer en véritable terreur dans la rue ou dans la salle de classe. «
Chérif Hamed Haïdara rend un hommage appuyé aux « faiseurs de rois » : » L’avenir de la nation repose sur vos épaules. » Il dit souscrire à leurs revendications pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail et appelle l’Etat à prêter une « oreille attentive ».

Mais il dénonce aussi les « brebis galeuses ». Il fustige ces enseignants qui » partagent un mégot de cigarette avec leur élève, prennent un verre dans un maquis ou se disputent sa petite-amie avec lui « . Conséquence : » l’autorité s’est effritée « .
» A notre époque, nos enseignants étaient pour nous des maîtres. Nous les idolâtrions pratiquement ! « , rappelle-t-il avec nostalgie.
Il critique également ceux qui viennent à l’enseignement « par contrainte » comme un tremplin, et non par vocation. Il propose que seuls les meilleurs soient orientés vers l’enseignement, comme par le passé, avec des mesures incitatives.
LE PLAIDOYER : DES MANUELS À 50% POUR LES FAMILLES
Le point le plus fort de son intervention reste économique. Le patron du RDI s’attaque à la valse des manuels scolaires. « Nous traversons une période économique difficile pour les ménages. Je redoute que chaque année l’on produise de nouveaux manuels », déplore -t-il, avant de faire une proposition concrète au gouvernement :
» LES FOURNITURES SCOLAIRES PEUVENT être même produites et distribuées à 50% aux élèves, moyennant une contribution symbolique. »
Pour Chérif Hamed Haïdara, il faut revoir la périodicité de production des manuels et » corser l’accompagnement de l’Etat « .
» Il faut que l’école cesse de paraître comme un business et donc un luxe pour devenir une nécessité pour chacun de nous », martèle -t-il. Et de conclure : » Pour que la Côte d’Ivoire connaisse un indice de développement humain élevé, il faut que le maximum de personnes bénéficie d’un enseignement de qualité. L’éducation nationale doit être l’affaire de tous et à la portée de tous. »
Auguste Denise