Côte d’Ivoire / EcoAO 2026 : l’UNA clôture un congrès scientifique marqué par un vibrant appel à l’action écologique

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L’Université Nangui Abrogoua (UNA) a refermé, ce mercredi 13 mai 2026, les portes de la deuxième édition du Congrès d’Écologie d’Afrique de l’Ouest (EcoAO 2026), organisé du 11 au 13 mai autour du thème : « Préserver et utiliser durablement la biodiversité et les écosystèmes ». Pendant trois jours, la rencontre a réuni plus de 200 congressistes issus de 11 pays, avec près d’une centaine de chercheurs venus présenter leurs travaux scientifiques à travers des communications orales et affichées.

Cette édition a confirmé la dimension régionale et internationale du rendez-vous scientifique. Des délégations venues du Bénin, du Burkina Faso, du Canada, de la France, du Gabon, du Nigeria, de la République du Congo, du Sénégal, du Togo et de la Côte d’Ivoire ont pris part aux échanges. Les réflexions ont été structurées autour de cinq grandes thématiques : agroécologie, biodiversité et services écosystémiques, écologie végétale, écologie animale et écologie urbaine.


Dès l’ouverture, le Professeur Guy Jossens a donné le ton avec une conférence inaugurale plaidant pour une approche intégrative de l’écologie, combinant outils génétiques, biogéographie et analyse fonctionnelle afin de mieux comprendre les dynamiques du vivant. Un panel consacré à la taxonomie et à la conservation de la biodiversité africaine a également permis à plusieurs experts d’échanger sur les stratégies de préservation et de valorisation des ressources naturelles du continent.

Les débats ont surtout mis en lumière les nombreuses menaces qui pèsent sur les écosystèmes ouest-africains. Déforestation, érosion de la biodiversité, pollution des eaux, dégradation des terres, changements climatiques ou encore érosion côtière : les participants ont dressé un constat préoccupant sur l’état de l’environnement dans la sous-région.

Invité d’honneur et parrain du congrès, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a particulièrement marqué les esprits lors de son intervention de clôture. Dans un discours direct et engagé, il a dénoncé les ravages de l’orpaillage illégal, qu’il a qualifié de « cancer métastasé dans les 31 régions du pays ». Le ministre a souligné les conséquences sociales, économiques et environnementales de ce phénomène, évoquant notamment l’abandon scolaire des jeunes attirés par les sites miniers, les pertes financières pour l’État et la pollution des bassins hydrographiques par des métaux lourds tels que le mercure, le cadmium et le plomb. « Nous avons besoin de vous, chercheurs, étudiants et doctorants, pour adresser ce problème de la meilleure des façons », a-t-il lancé à l’endroit de la communauté scientifique.

Au-delà des constats alarmants, le congrès a également permis de dégager plusieurs pistes de solutions. Les experts en agroécologie ont insisté sur l’importance des techniques de restauration des sols et de la réduction des intrants chimiques. Les spécialistes de l’écologie végétale ont, quant à eux, plaidé pour une meilleure prise en compte des savoirs traditionnels dans les politiques environnementales. En écologie urbaine, l’accent a été mis sur la nécessité de préserver les espaces verts, les zones humides et les forêts urbaines afin de renforcer la résilience des villes africaines face aux effets du changement climatique.

Dans la dynamique des recommandations issues des travaux, le ministre Abou Bamba a annoncé la création de la Société d’Écologie d’Afrique de l’Ouest (SEAO), une nouvelle structure destinée à renforcer la coopération scientifique dans la sous-région. Il a également appelé à la mise en place de plateformes régionales de données écologiques et à un renforcement des collaborations entre universités, centres de recherche et institutions publiques.

Prenant la parole à la clôture des travaux, la présidente de l’Université Nangui Abrogoua, la Professeure Véronique Yoboué, a salué l’implication des différents partenaires, notamment l’IRD, la FAO, le FONSTI et l’OIPR, dont l’appui a contribué à la réussite de cette édition. Elle a réaffirmé l’engagement de son institution à promouvoir une recherche scientifique tournée vers le développement durable et la préservation des écosystèmes.

La lecture du rapport final par le Dr Coulibaly Rokia est venue synthétiser l’ensemble des recommandations formulées durant le congrès. Pour les participants, le véritable défi reste désormais la mise en œuvre concrète des résolutions adoptées. Une ambition qui nourrit déjà les attentes autour de la prochaine édition d’EcoAO.
S.B

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