
À l’occasion de la célébration de la Fête du Travail 2026 à Yopougon, la Coalition des Centrales Syndicales du Secteur Privé et Semi-public (CCSPDS) a formulé une revendication majeure : le relèvement du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) de 75 000 à 150 000 FCFA. Une exigence jugée urgente par la faîtière syndicale au regard de la cherté croissante de la vie.
S’exprimant devant des travailleurs mobilisés, le président par intérim de la coalition, Issa Sanogo, a dénoncé une dégradation continue des conditions de vie des salariés. Selon lui, l’inflation et la hausse des loyers, notamment après les opérations de déguerpissement dans plusieurs quartiers précaires d’Abidjan, ont rendu le SMIG actuel largement insuffisant. « Une simple entrée-couchée coûte aujourd’hui autour de 50 000 FCFA », a-t-il illustré, soulignant que les revenus ne permettent plus de couvrir les besoins essentiels.

La CCSPDS estime que cette situation expose les travailleurs à de graves conséquences sociales et sanitaires. « Notre étude personnelle montre que les travailleurs souffrent tous d’un même mal : un cancer généralisé causé par la cherté de la vie », a affirmé Issa Sanogo, évoquant stress, maladies cardiovasculaires et diabète.
Au-delà du SMIG, la coalition a présenté une série de revendications visant à améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs. Elle plaide pour une revalorisation de la prime de transport de 30 000 à 60 000 FCFA, l’instauration d’une prime de logement pour les salariés du secteur privé, ainsi qu’un accès équitable à la subvention annuelle de 800 millions de FCFA accordée par l’État aux centrales syndicales.
Sur ce dernier point, la CCSPDS, créée en 2002 et regroupant six centrales, dénonce son exclusion du partage de cette enveloppe. Issa Sanogo appelle à une correction de cette situation, en attendant l’organisation d’élections professionnelles transparentes pour déterminer la représentativité syndicale. « Nos travailleurs paient leurs impôts comme tous les autres. Nous demandons simplement à être associés à cette subvention », a-t-il plaidé.
Tout en reconnaissant les efforts de revalorisation du SMIG opérés par les autorités, passés de 36 607 FCFA à 75 000 FCFA, le leader syndical estime que ces hausses ont été rapidement absorbées par l’inflation. « Excellence, vous êtes le seul président à avoir accompli cela en si peu de temps », a-t-il salué, avant de nuancer : « Mais tant que la marche continue, les bras continuent de se balancer. »
Profitant de cette tribune, Issa Sanogo a également lancé un appel à la responsabilité des acteurs du transport, les exhortant au respect du code de la route et à la prudence, notamment face aux dangers liés à la consommation de stupéfiants.

En conclusion, le responsable syndical a alerté sur les répercussions sociales de la précarité économique, évoquant des tensions familiales croissantes. Pour la CCSPDS, cette célébration du 1er mai 2026 aura surtout été celle d’un appel pressant à des mesures fortes pour améliorer durablement les conditions de vie des travailleurs ivoiriens.
S.B